Ghost of myself. Breathe - Holding Sand

Ecrire. Mais pour dire quoi ? Dans quel but ? Se sentir un peu vivant, même si on peut pas appeler ça vivre, sentir la brise fraîche d'une fin de soirée encore claire, immaculée, tâcher le vertige de la page blanche d'une éjaculation de pensées et mots absurdes. Respirer un air qu'on sait pertinemment pollué, puis soudainement se demander Pourquoi ?

Pourquoi une écriture aussi impersonnelle, dénuée de "je" et de "vous", dénuée d'expéditeur ou de destinataire?

Précisément parce qu'à ce moment, l'individu n'existe plus, la notion de communication subséquente s'éclipse pour laisser place à l'universalité du langage.

S'émouvoir devant un ciel légèrement rosé, un crépuscule irradiant les nuages bas d'un ton orangé tandis que les masses d'eaux condensées se déplacent de manière continue, se métamorphosant cycliquement en des formes aléatoires : ici des visages grimaçants, là-bas un obus tombant sur quelque ville assoupie et insouciante, encore ailleurs un c½ur en lambeau... Ce spectacle funeste embellit par des oiseaux aux cris mystérieux et à la destination inconnue, poussés par un instinct inexplicable, ils décrivent des cercles parfait puis disparaissent et se taisent.

Au loin passe un train. Une pensée pour tout ces gens, ces corps en mouvement et une envie d'ailleurs, de fuite, de vie. Un regard morne sur une maison vide, on préfère s'enfermer dans de grandes boîtes plutôt que de coexister... où j'ai entendu ça ? piqure de rappel du droit de propriété, quasiment oublié dans mon divertissement exacerbé.

Frénésie de l'écriture et léger frisson, ivresse du nom et de l'adjectif sans syntaxe, il fait froid dehors. Puis je ne vais pas au purgatoire laver mon âme de leurs pêchés, je vais aux latrines laver mon ventre de leurs déchets. Des gestes inconscients, un dégoût de ce genre d'acte, un dégoût de l'homme, de la bête, et la peur de se répéter, de n'être qu'un automate déjà programmé, et paradoxalement, parallèlement, la crainte enfantine face à une voie à tracer, encore obscure et à bâtir.

Le rattrapage au vol d'une feuille qui s'enfuit au vent, dans un réflexe de lucidité, c'est ça aussi exister, se saisir de l'instant, faire abstraction du temps, du lieu ou de l'espace pour ne garder enfin que la communication, la relation, la connexion entre deux êtres physiques, abuser de la raison pour justifier de la passion et mettre de côté toute morale chrétienne, toute hiérarchisation sociale, toute conséquence, ne pas agir selon un "qu'en dira-t-on" , se délecter du moment, de la personne, dans un cri d'orgasme éternellement éphémère, s'oublier.

Pour finir hanté. Les regrets ne s'estompent pas, ils sont gravés dans nos c½ur comme autant de scarifications sur les avants-bras d'adolescents en dépressions, il faut apprendre à les domestiquer, ne pas se faire dévorer par les monstres du passé, courir toujours dans l'espoir de souffler un peu, la nuit tombe immanquablement, comme nos fiertés s'estompent pour faire place à la honte d'avoir goûté à ces lèvres, d'avoir dénudé ces corps, d'avoir fait l'amour à ces anges dans une sorte d'envie de liberté sexuelle absolue mais la plus grande gêne et finalement la plus humain, d'avoir toujours cette faim insatiable de caresses et d'esprits en ébullition, malgré le sentiment qu'on ne mérite pas tout ça.

N'exagérons rien, je ne suis pas un Dom Juan des temps modernes, je n'ai pas son immortalité ni son panache (tiens l'apparition progressive de la première personne de l'infinitif, il faut encore que l'auteur du texte se mette en avant et dépasse la barrière de l'universel pour l'écraser du poids de sa propre personne), ma misanthropie maladive et si peu détectable par mon entourage ne relègue pas les femmes au rang d'objet. Bien qu'il me soit arrivé d'avoir des propos outranciers, au fond de moi il est clair qu'elles sont la clé à nos questions.

Pensez au monde assis seul dans une pièce, et pensez au monde dans les bras d'une femme à qui vous tenez, vous aurez cette espèce de sensation magique que l'image plate d'un monde monochrome se colore et devient soudainement en perspective. Sans m'embourber dans un quelconque féminisme primitif bien sûr.

Cependant je n'approuve pas cette tendance qu'ont les institutions sociales, politiques et religieuses (chimères maîtresses de notre monde moderne), a l'appropriation de l'individu, en passant les menottes pseudo-sacré ce qu'on appellera hypothétiquement "alliances", au bout du doigt, deux êtres de passion et de raison renoncent à leur essence même. La constitution d'une famille semble alors la négation de toute liberté individuelle, les obligations familiales nous enchaînant à une stabilité assommante et ce jusqu'à l'âge béni de la retraite, libéré de l'enclume du travail, pleurant de voir son engeance s'envoler, trop faible pour enfin partir, juste assez fort pour regretter le temps perdu et amer de n'être plus considéré que comme "une source de profit" ou "un poids pour la famille", si adulée autrefois.
Ghost of myself. Breathe - Holding Sand
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# Posté le vendredi 04 juillet 2008 09:43

True Color

True Color
Il fallait monter une longue série d'escalier pour parvenir à cette fameuse pièce, ouvrir la lourde porte du couloir de la méfiance et pénétrer les ténèbres insondables de la prudence et du mépris. Arrivé au premier palier, toujours plongé dans l'obscurité d'une arrière pensée amère, on commençait à se sentir comme oppressé par la lourdeur du jugement d'autrui. Pendant tout ce temps, des murs couverts d'yeux et d'oreilles nous épiaient, comme des vautours épient leur proie mourante avant de déguster leur carcasse.

Au loin, en entendait des clameurs étouffées, qui se contredisaient, des voix féminines chantant de tristes et monotones mélopées, des cris rauques de douleur et d'inquiétude, plus angoissant que les pas réguliers d'un agent de police venu vous prendre dans votre sommeil. On pouvait également percevoir un violoncelle, vous déchirant l'âme comme on lacère aveuglément le c½ur d'un amour impossible, et des gargouillements joyeux, qui rappelaient une foule remuante et grimaçante.

Après avoir gravit une centaine de marches, Prométhée apportait le feu aux hommes et la lumière qui émanait de son flambeau nous faisait baisser la tête. On apercevait que sur chaque marche était écrit une phrase. L'herméneutique, plus précisément l'exégèse théologique de ces dernières nous conduisaient à continuer notre longue route. Plus l'on avançait, plus les marches étaient grandes, et l'on était finalement contraint de s'aider les uns les autres pour accéder aux paliers supérieurs.

Les murmures lointains s'intensifiaient et nous donnaient à la fois du courage et une peur irascible.
De petites créatures nous attaquaient de temps en temps, et l'on s'en débarrassait avec peine et rage. Elles étaient repoussantes, avec leur petites griffes qui vous déchirent l'espoir, qui vous plongent dans le doute, l'incertitude la plus aliénante. Combien avaient abandonnés, étaient tombés sous leurs assauts, nous l'ignorions, mais nous tentions de résister. On appelait ces créatures Désespoir, Couardise, Nihilisme et Lâcheté.

Nous étions si nombreux au départ, tellement à s'être incliné finalement. Il ne restait plus que moi, Passion, et lui, Raison. Morale était passée de l'autre côté de la barrière lorsqu'elle avait comprit qu'elle avait ce pouvoir de retenue sur les gens et l'opinion publique. Vérité se faisait de plus en plus absente, et préférait rester neutre et objective, elle ne prenait pas part au vote. Sauf lorsque TF1 la soudoyait. Mais oublions quelques instants les noms et les titres honorifiques, revenons-en à notre anecdote. Arrivés, en trainant Souffrance qui nous avait rejoint en route, et qui remplaçait assez efficacement Espoir, en haut de notre escalier, nous faisions face à un immense portail plein de promesses.

La porte s'ouvrait et nous entrions dans cette pièce, celle dont on vous a parlé quelques lignes plus tôt.
Un petit garçon au visage pâle, aux yeux rouge Carmin (et pas rouge Bourgogne qui est légèrement plus sombre) et aux cheveux couleur spectre continu était assis à même le sol, et jouait avec une petite poupée dont le bras droit pendait pathétiquement. Il se retournait alors, nous ayant entendus entrer, nous pointait du bout de l'index, fermait l'½il gauche et tirait :

"BANG!"
# Posté le vendredi 06 juin 2008 04:51
Modifié le jeudi 26 juin 2008 12:47

http://myspace.com/apartofpeacemusic

http://myspace.com/apartofpeacemusic
Concerts à venir :

21 juin à Yvetôt.
16 juillet avec Canisquare

Pensées :

.Est-ce faire du libéralisme existentiel que de considérer que c'est le rapport dominant-dominé, ou la nécessité de l'un et de l'autre est avérée, qui a conduit l'homme à son actuel état de décrépitude ?

.Howl, plus oppressant qu'un robinet qui goutte irrégulièrement dans le silence d'une salle de bain vide.

.Si bien que les corps en question ne deviennent intéressants que dans le hasard des interactions avec d'autres corps.

.Et cette effroyable habilité qu'à la Société à faire passer un caprice pour un besoin et transformer les relations entre les hommes en rapports-marchands.

"They march on their soles up Main Street
white stripes, moonstruck eyes' red fire
under the chalk-dry and spat spire
of the Trinitarian Church."

Robert Lowell.

- Entendez vous la sonorité de ces quelques mots, le rythme, le tempo quasi divin ?


Une dernière étreinte, un regard et des non-dits, une larme le long de sa joue et un baiser sur le coin de ses lèvres, comme une demande d'absolution, tristesse et impuissance face au néant, tout naît, tout meure, rien ne dure. Noyé dans l'amer, une migraine m'assaille. Pourquoi tout semble si vain et terne ? Pourquoi ces paysages urbains m'attristent, ces morceaux de vie arrachés d'un regard à la dérobée m'éc½urent ? Bonheur, ce mot absurde, indéfinissable universellement, atteignable uniquement en fouillant au plus profond de nos êtres et non pas au travers d'une substitution matérielle superflue... Le droit de propriété, usé et abusé, fil conducteur du susdit bonheur ?
Non, l'homme est le cancer de l'homme.

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Interlude .

C'était parti pour durer, comme toutes les histoires sans lendemain,on reconstruit sur les vestiges du passé, course folle vers le progrès, oh j'aurais voulu, mais ce soir, les étoiles se cachent pour ne pas voir la misère du monde endormi.


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Réminiscence.

Rouen, tout est figé.

J'ai froid, le nez qui coule, rougit par la fraicheur d'une après-midi pluvieuse de mars. Je m'arrête un moment, après avoir erré plusieurs heures sans but, en traînant les pieds, a observer les gens d'un air aigri, si jeune et pourtant si vieux ... Suis-je fou ? Est-ce que toute ces choses dans ma tête ne sont que les chimères vomies par une imagination trop débordante?

Je pense, je réfléchis, je marche et chemine entre les gouttes de pluies, puis m'arrête à nouveau. Autour de moi, le temps semble s'être soudainement suspendu. Une soudaine envie irrésistible d'écrire..
Avant de sortir de mon sac en bandoulière vert de quoi graver pour l'éternité quelques pensées éphémères, j'observe cette cathédrale du parc de l'hôtel de Ville. Elle est si sinistre, si grise, sale et ravagée par la moisissure, et le ciel gris qui la surplombe la rend encore plus angoissante. Une musique étouffée, jouée à l'orgue s'en échappe pendant que des employés municipaux, habillés d'uniformes orange flamboyants, s'affairent à déplacer de lourdes palettes d'aciers pour des raisons que le commun des mortels ignore.

Je m'assied donc, sur un banc de bois mouillé et constellé de fientes de pigeons, et j'écris frénétiquement pour dépeindre la scène anodine d'une vie aphone. Les flaques d'eau ne bougent plus qu'au grès du vent, et les auréoles aléatoires, les ondes harmonieuses, les vibrations aquatiques ne sont plus que de vagues souvenirs : il a cessé de pleuvoir.

Comme toujours, à regarder les passants passer, les humains passer comme des feuilles qui flottent au vent, ni plus, ni moins, tout aussi fragile, tout aussi insignifiant. Avant de cesser d'écrire, cesser le feu des mots comme des balles qui vous heurtent le cogito, et de reprendre ma route, je regarde une dernière fois l'édifice construit à la gloire de quelque divinité absurde, et au même moment s'envole une nuée de corbeaux noirs comme la nuit, le signe funeste d'un avenir incertain, la fin est proche, nous courrons tous pour nous lover dans ses bras immense, pour une étreinte mortelle, juste une vie, juste une dernière étreinte, et tout est figé.
# Posté le vendredi 01 février 2008 09:15
Modifié le vendredi 06 juin 2008 03:47

[The End©] This Suffering - Billy Talent

Bien, il est temps de clore ces pages, beaucoup de choses ont changées, en si peu de temps, mais le fait est que j'en arrive à un nouveau tournant de mon histoire, j'en ai assez de stagner dans ma dépression chronique, dans mes nausées envers le monde, si vous avez parcouru ce blog, vous savez ce que j'en pense, j'ai plus le temps ni la motivation de continuer tout ça, il aura au moins servit de dépotoire et de journal non-intime, je tire ma révérence, car en dire trop ce serait être redondant. Je pense pas supprimer les articles car certains ne sont pas trop mal écrits, et puis je suppose que quand j'irais mal je recommençerais un nouveau blog. C'est souvent comme ça.

Sur ce, adieu.
[The End©] This Suffering - Billy Talent
# Posté le mercredi 16 janvier 2008 14:12

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De la merde.
# Posté le mardi 01 janvier 2008 17:59